la Camargue
réserve naturelle

Le cycle annuel :

------Situés en <<basse Camargue>>, limités au sud par la mer, les 13117 hectares de la réserve sont transformés successivement chaque année en une immense zone humide avec les pluies d'automne et d'hiver (560mm), d'où seules émergent les dunes vives et fossiles, puis en un désert sec et sursalé sous l'effet de l'évaporation intense de mars à septembre (1400mm).

------Seuls subsistent alors quelques étangs permanents comme le Vaccarès, le Lion ou la Dame.

------Le déficit annuel en eau (1400-560mm), dû en grande partie aux vents violents du nord-ouest (mistral) est compensé artificiellement par les eaux d'origine agricole (rizières) dont une partie se déverse dans le Vaccarès.


Flore :

------Peu de plantes supportent à la fois la submersion hivernale et la sécheresse estivale : quatre espèces de salicornes, chacune d'elles adaptée à une altitude précise (en centimètre!), composent un paysage de steppe appelé <<sansouire>>.

------Seules les dunes fossiles couvertes de genévriers plusieurs fois centenaires, et les dunes vives en bordure de la mer fixées par les oyats, possèdent des réserves d'eau pluviale épuisées cependant dès le mois de juin.

------Les étangs de la réserve, tous peu profonds (de 0,40m à 1,80m), sont occupés par de vastes herbiers de potamots, de ruppias ou de zoostères en fonction de leur salinité.


Faune :

------La diversité d'aspect des habitats d'un lieu à un autre et au cours du cycle annuel a <<sélectionné>> les espèces animales qui, soit possèdent un cycle de développement mi-aquatique, mi-terrestre, comme les libellules, les moustiques, ou les amphibiens dans les zones les moins salées, soit sont dotées de facultés de déplacement rapide comme les oiseaux ou les mammifères :

------* Les oiseaux ont assuré la réputation internationale de la Camargue par leur variété (356 espèces recensées), la rareté de certaines espèces et l'existence de <<saisons ornithologiques>> distinctes. En effet, la plupart sont migrateurs et diverses communautés aviennes se succèdent : aux rares sédentaires comme la mésange à moustaches ou la bouscarle s'ajoutent les <<estivants nicheurs>> d'avril à septembre comme les sternes, les guêpiers, les rolliers ou les huppes ; les <<hivernants>> de septembre à mars, en particulier les canards (plus de 10 espèces, des dizaines de milliers d'individus), auxquels il convient d'adjoindre le flux des migrateurs au long cours qui font halte en Camargue dans leur trajet Europe/Afrique, en automne à l'aller, au début du printemps au retour (limicoles et passereaux).

------* Les mammifères bien que peu visibles sont bien représentés avec les nombreux sangliers, les renards, la très forte densité de lapins, les ragondins, etc...


Recherche scientifique :

------L'état de santé de la réserve reflète celui du delta tout entier ; aussi, depuis soixante années, de nombreux organismes scientifiques ont accumulé une masse importante de travaux, support de la gestion de ces écosystèmes.

------Le laboratoire de la Tour du Valat, le Centre national de la Recherche scientifique (CNRS), les facultés des sciences de Marseille et de Montpellier et le personnel de la réserve, y ont contribué pour la majeure partie.

------Le suivi des écosystèmes est plus particulièrement assuré par les agents de la réserve.


Réglementation :

------L'arrêté de classement du 24 avril 1975 interdit notamment :
* La pénétration et la circulation des personnes et animaux domestiques.
* La chasse, la pêche et la destruction ou la dégradation des milieux naturels.

------Néanmoins :
* Le pâturage est autorisé sur environ 1000 hectares,
* La circulation des piétons et des cyclistes est libre dans la réserve sur la digue à la mer et sur la plage en bordure de mer.