Les flamants roses

Le taureau, le cheval et le flamant rose sont les figures symboliques de la faune camarguaise. S'il est devenu un élément familier du décor, le flamant garde encore une partie de son mystère et toute sa puissance de fascination.

Bien qu'il n'y ait pas moins de 340 espèces d'oiseaux observés dans le Parc Naturel Régional de Camargue, le grand échassier au bec étrange, à la couleur si particulière conserve une position privilégiée dans l'imaginaire collectif. Sa distribution restreinte, son élégance, sa haute taille et ses moeurs grégaires, y contribuent certainement.

Depuis vingt ans, en Camargue, le flamant rose fait l'objet d'un important programme de recherche scientifique et les observations à son sujet ont permis de mieux connaître ses moeurs, ses déplacements et ses habitudes de reproduction, pour une meilleure conservation de l'espèce.

On trouve des flamants dans la zone côtière du Midi de la France, depuis les étangs du Roussillon et du Languedoc jusqu'à la presqu'île de Giens dans le Var. Mais ils nichent uniquement en Camargue, un des seuls lieux de ponte au monde qui soit réoccupé chaque année depuis 1969. Les flamants sont présents sur les étangs autour du Grau du Roi et les marais salants d'Aigues Mortes. Les vols de flamants constituent un spectacle inoubliable.

 Le flamant rose n'est pas seulement le plus grand oiseau que l'on trouve couramment dans cette région, il constitue également une des espèces nicheuses les plus nombreuses avec parfois plus de 20 000 couples dans le delta du Rhône. Pourtant ces chiffres ne doivent pas nous leurrer : le flamant demeure une espèce fragile et vulnérable car il ne niche que dans un nombre de sites très restreint et dépend tres étroitement de la nature du terrain choisi, de ses conditions climatiques et de sa tranquillité.

La présence en Camargue de ce singulier oiseau, fascinant et spectaculaire que des chercheurs ont pu étudier longuement à l'interieur du site préservé du Parc Naturel Régional de Camargue est l'aboutissement d'un combat pour la conservation d'une espèce qui, sans certaines précautions, aurait pu disparaître de la région et peut-être de tout le continent européen.


Photos Alan Johnson - La Tour du Valat