Jean-Charles Lallement - BACCHUS

les Médailles

A PROPOS DE LA MEDAILLE

Extrait de " LES GRAVEURS D'ACIER ET LA MEDAILLE "
Hôtel de la Monnaie: PARIS Juin-Octobre 1971

<<Je souhaite que la taille de l'acier enrichisse, par toutes ses qualités propres, la médaille actuelle.
L'incision du burin, de l'échoppe, l'enfoncement du métal par un poinçon approprié, par leur pureté, leur précision, leur âpreté suppriment à jamais le côté maniéré et conventionnel de certaines médailles du passé , parce que chaque coup de burin est le fruit d'une décision, et qu'il exprime, par lui-même, une indication de volume , parce qu'il doit être en harmonie avec ceux dus aux incisions futures, qui vont naître.
C'est un fait capital, qui supprime toutes les concessions à soi-même.
D'ailleurs, je pense plus valable, par cet esprit, la taille directe en creux, qui est une création pure.
Ce qui m'intéresse le plus en la matière, et j'en suis persuadé, c'est que la technique de la coupe de l'acier permettra à la médaille de faire face à la transmutation de l'art futur.
Une certaine forme d'avant-garde actuelle se contente et se complaît dans des recherches de formes vagues, maniérées, gestuelles, qui font penser à certaines époques de décadence. La libido devient la machine à penser.
Comment l'Art peut-il suivre l'essor scientifique actuel, le bond en avant de la pensée créatrice humaine, si les artistes n'ont pas le courage d'avoir la rigueur de l'esprit, le besoin absolu de vérité ?
L'art de la coupe de l'acier, par sa disicipline, son esprit de synthèse et de dépouillement, permettra à la médaille de faire face à la création de l'art futur. Tout au moins il sera un des facteurs qui permettra d'y accéder.>>

Jean - Charles LALLEMENT Sculpteur



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